1
Page 2/5
3
4
5

Du Moyen Âge jusqu'en 1766, Hottviller, appartenant tantôt aux Seigneurs de Bitche - Deux Ponts, de Hanau ou de Lichtenberg, faisait partie du Duché de Lorraine lui-même englobé dans la mouvance germanique ! Très souvent nos anciens chantaient dans les litanies de procession « a peste, fame et bello, libera nos Domine !  - Délivre nous Seigneur de la peste, de la famine et de la guerre !»

Quiconque, de nos jours essaie de faire sa généalogie se heurtera à la coupure de « la guerre de Trente ans » qui sévit, dans l'espace européen, de 1618 à 1648 continuant à ravager la Lorraine jusqu'en 1661 ! On aurait pu voir, en ces temps là, les loups se glisser dans les maisons, étant alors les seuls occupants du ban villageois. N'oublions pas que Sarreguemines n'avait plus aucun habitant en 1633 et à peine une dizaine de familles une vingtaine d'années plus tard ! La plupart des gens qui furent nos ancêtres vinrent, après ces évènements, de Picardie, de Bourgogne ou encore du Tyrol !

La vie était si dure qu'une centaine d'années plus tard, une cinquantaine de personnes de Hottviller tentèrent leur chance dans le Banat, du côté de l'actuelle Timisoara en Roumanie, probablement ! Rares furent ceux qui y parvinrent pour mener une existence précaire !

Devenus enfin français en 1766, un bon nombre de nos compatriotes d'alors souffrirent de la Révolution Française à titre d'émigrés, de déportés ou de condamnés pour faits révolutionnaires !

Quand je vous dis que les gens de Hottviller sont toujours concernés par tout ce qui se passe dans le monde ! Le 19ème siècle semble s'annoncer plus favorablement, mais voilà que la guerre de 1870 nous fait basculer dans l'empire allemand ! Mais on n'a jamais eu peur de rien, à Hottviller : le 17 juin 1888, le conseil municipal préfère investir dans le vétérinaire de Bitche plutôt que dans le Kaiser de Berlin ! En effet, il décline poliment la proposition du « Kreisdirektor » de Sarreguemines d'acheter 4 portraits du Kaiser pour accrocher dans les écoles et à la mairie au prétexte que ça coûterait aussi cher que la cotisation pour le vétérinaire !...Peur de rien, vous dis-je !

Le 20e siècle semblait bien parti et puis voilà : 1914 - 1918, la nuit de la grande guerre touche le village, dans ses privations sans nombre et par les morts de beaucoup de ses hommes sous l'uniforme allemand ! Mais le village en lui-même ne fut pas touché ! Mais maintenant on veut vivre en paix et, pour se garantir, la France construit la ligne Maginot qui passe à Hottviller, du côté du Simserhof, et donne du travail à tout le Bitcherland ! Mais c'est encore raté !

Cette fois ci, ce fut la mort du village : tous les habitants furent évacués en 1939 vers la Charente. Certains de nos hommes, militaires dans la ligne Maginot, purent promener leur tristesse et leur désespoir dans les rues vides du village ! Retour en septembre 1940 où se profile une nouvelle expulsion vers le Saulnois parce que les allemands voulaient agrandir le camp militaire de Bitche.

Tout le ban de Hottviller comme ceux des 18 autres communes du Bitcherland sera livré aux troupeaux itinérants de moutons conduits par un berger. Les combats de la Libération, de Noël 1944 à Mars 1945 détruiront le village à 80%.

Mais que voulez-vous ? Hottviller s'est toujours relevé et, aujourd'hui, c'est un village fleuri qui indique 2 fleurs sur son panneau d'accueil ! En son milieu, abondamment fleuri, le monument au mort rappelle à tout un chacun ceux qui, un jour, sont partis, en des combats qui n'étaient pas les leurs, pour ne plus jamais revoir le cadre verdoyant de leur jeunesse !

Quand je vous dis que les gens de Hottviller relèvent toujours la tête  et se battent toujours vers l'avant !